ACCUEIL CONFéRENCES CONTACT
Français  English  Nederlands  Español 
Accueil
  Présentation
  Livres
    •  Le dévoilement du mental.
  L'espèce humaine en mutation?
      •  Résumé
      •  Sommaire
      •  Chapitre en ligne
      •  Glossaire
      •  Pithecus et Omegus
    •  Cuba, une réalité humaine.
  200 jours parmi les producteurs
  de tabac
      •  Résumé
      •  Chapitre en ligne: récit
      •  Chapitre en ligne: observations
      •  L'Harmattan (livre sur Cuba)
  Observations et Articles
    •  Les Gauches
  en Amérique latine.
  Socialisme et Instrumentalisation
    •  Quelle révolution peut encore
  sauver l'agriculture en Europe?
  Le modèle cubain?
    •  Anecdote marocaine
    •  Arroz con fréjoles
    •  La décroissance
    •  Le piège de la biométhanisation
    •  Le crédit hypothécaire et la Loi
  de Gresham
Recherche

    
      
  Chapitre en ligne:
 

Introduction de la première partie (page 15).

 

L’observation du monde actuel dans lequel évolue l’espèce humaine, nous conduit à un point qui, tous les jours, nous emplit d’incompréhension. Au cours de son histoire, l’humanité a certainement été confrontée souvent à cet état d’étonnement et de perplexité en face des réalités physiques et psychiques, mais le développement entropique   actuel de l’espèce confronte l’observateur à un sentiment de fin d’espèce.

 

Ces constatations ont souvent poussé des individus, des communautés ou des peuples entiers à réagir et à induire des changements de « comportements ». Un nombre important d’entre eux a eu un impact « phénoménal » sur l’existence, surtout quand ceux-là se sont transformés en idéologies ou religions. Certains perdurent, comme d’autres ont échoué. Nous ne pouvons pourtant pas dire que les « acteurs » de ces mouvements ne se sont pas volontairement affairés pour résoudre les problèmes auxquels l’espèce a été confrontée.

 

La mise en réseau des différents volontarismes par la globalisation actuelle, en même temps que l’augmentation de l’entropie planétaire, met en évidence l’incapacité individuelle et collective à trouver des « alternatives », voire une solution intégrale. Mais toute cette inquiétude « intra-espèce » pourrait, tôt ou tard, comme d’aucuns le présentent, aboutir à un consensus viable, grâce à l’évolution technologique postindustrielle et à une rationalisation démographique sur base des paradigmes fonctionnels prônés par l’un ou l’autre système dominant. Pourtant, ne faut-il pas se poser la question suivante : bien que les conflits intra-espèce puissent être résolus par un modus vivendi acceptable, le déséquilibre inter-, intra- et extra-espèce que l’humain a généré, ne risque-t-il pas de dépasser de loin les solutions préconisées par ces paradigmes ?
Faut-il pour cela continuer à se renvoyer la balle ? Faut-il maintenir le discours dichotomique entre dominant et dominé pour constater qu’il n’y a pas de solutions ? Faut-il continuer à montrer du doigt ceux du camp opposé ? Face aux dysfonctionnements de l’espèce humaine, est-il suffisant de repenser l’existence sur base d’anciens remèdes qui, pour des raisons différentes, n’ont pas fonctionné ? Le moment est-il venu de réanimer les mouvements échoués et de les faire renaître sous forme d’un « néo » ? Nombreux sont pourtant les technocrates, les intellectuels ou les spirituels qui se sont volontairement efforcés de trouver des solutions de survie et de vie pour l’humanité. S’agit-il de trouver le plus grand commun diviseur – les normes et valeurs – de toutes ces recherches salutaires ou faut-il céder à l’évidence des réalisations des systèmes dominants ?

 

Faut-il davantage aller à la recherche de la compréhension du fonctionnement des cultures indigènes et ancestrales afin d’en extrapoler la quintessence fonctionnelle vers nos sociétés humaines actuelles ? Ou faut-il continuer à prôner l’analyse des grands événements historiques d’ajustement comportemental dans l’optique d’une application mimétique après épuration de leurs antagonismes. Qu’est-ce qui nous fait croire qu’une autre révolution française, mexicaine, russe, chinoise, cubaine, qu’un autre Mai 68 ou qu’une autre théologie de la libération, etc. aboutira à un statut acceptable pour chacun de nous dans le biotope actuel ?

 

L’étonnement de la société humaine actuelle en face de l’incapacité d’un aboutissement du bien-être transgénérique malgré l'éminence des fonctionnalités mentales et malgré la pertinence des solutions préconisées, propulse les individus ou les communautés dans des états d’âme très variés dépendant du contexte existentiel dans lequel ils se trouvent ; la résilience  (des dominants), le volontarisme (des chercheurs), les croyances et la démoralisation (des dominés) en sont quelques exemples.

 

Pourtant, nous voulons utiliser l’étonnement et cette diversité intellectuelle et comportementale comme levier pour l’élucidation de l’écheveau qu’est la pensée humaine. Le but de cet essai est d’accéder à la compréhension des différents composants fonctionnels de l’espèce humaine au travers d’une perception non fragmentaire du mental comme entité transgénérique à la fois diachronique  et pantarhéique depuis la différenciation de l’espèce. Pour éviter le phénomène où l’observation du mental implique une séparation entre observateur et objet de l’observation, exacerbée par la nécessité de la communicabilité de la démarche, nous proposons une méthodologie qui devrait éviter le plus possible la fragmentation de la compréhension de l’activité mentale. Cette méthodologie se base sur trois piliers :

- la perception non-interprétative
- le positionnement ubiquitaire de l’observateur
- la résolution du phénomène mutateur génésiaque de l’espèce humaine.

 

Cette approche devrait nous permettre d’appréhender la pensée originelle, non pas comme événement unique, déclencheur d’une différenciation générique, mais comme réalité ontogénique dont la persistance est élémentaire pour la continuité de l’espèce. Cette méthodologie devrait aussi écarter tout risque de confiner la recherche à une démarche exclusivement métaphysique ou spirituelle.

 

Le premier pilier, proche de l’immobilité mentale est trop souvent avancée comme réponse aux dysfonctionnements comportementaux, ce qui fait que celle-ci dépasse difficilement le niveau de la recherche du bien-être individuel ; recherche qui met cette immobilité en porte-à-faux par rapport à son essence Réelle. C’est pourquoi, au lieu de préconiser une démarche indéfinissable, voire incommunicable parce que « totale », nous allons tenter d’élaborer ce premier pilier par une approche intégrée des deux autres.

 

L’ubiquité du positionnement de l’observateur dans la compréhension de l’activité mentale est un privilège que l’être humain a par rapport à toute autre espèce. La fluidité du mental que nous allons découvrir permet effectivement à l’observateur d’observer son existence sous des angles très différents. Bien qu’il s’agisse de perspectives constitutionnelles de son idiosyncrasie et malgré la persistance de la centralité de la perception, l’observateur peut se positionner là où le mental est en temps réel et non pas là où sa démarche de recherche indiquerait qu’il doive être. Ceci fait que l’ombre produite par l’interprétation est appréhendée de manière très diverse et que, par toutes les différentes approches, les mécanismes sous-jacents deviennent aussi de plus en plus aperceptibles. Dans le cas où l’évincement de l’interprétation n’est pas total (le premier pilier), l’ubiquité perceptive devrait permettre à la conscience de faire un recoupement multidimensionnel de l’activité mentale. Cela signifie que l’observation d’un mécanisme précis (par exemple la domination) peut se faire depuis des positionnements différents : sentiment, croyance, désir, moralité, etc.. Il faut cependant souligner, eu égard à la fluidité et à la congruence du fonctionnement mental, que ce deuxième pilier de la méthodologie nécessite une mise en évidence de la position dans laquelle l’observateur se trouve ; en d’autres mots, l’observateur doit être conscient de la position dans laquelle il se trouve, même si cette conscientisation, pour une raison quelconque, lui est inconfortable. Pour cela, il faut une grande lucidité de l’observateur, le cas échéant une honnêteté épistémologique . Cette lucidité a l’avantage de ralentir considérablement la célérité de l’activité mentale et peut favoriser la perception non-interprétative.
Le troisième pilier consiste à rechercher le phénomène mutateur génésiaque  de l’espèce humaine en le dissociant dans ses éléments constitutifs. Cette aperception du phénomène mutagène permet à l’observateur d’appréhender la totalité de l’évolution de l’activité mentale. Nous verrons que l’individualisme, effectivement issu d’une perception purement interprétative et d’une focalisation excessive du positionnement mental, ne peut être résolu sans que la dualité ontogénique de l’espèce humaine soit comprise. Il faut donc une observation assidue et introspective de l’espèce humaine dans son état actuel pour percevoir cet événement qui a induit le continuum mental comme espace différenciateur par rapport à l’espèce précédente et, bien sûr, par rapport aux autres espèces. Ce précepte de la méthodologie est la matière principale de cet essai et ne deviendra clair qu’au fur et à mesure de son application dans les deux premières parties, culminant dans l’observation du genre (gender ) * à la fin de la deuxième partie.

 

C’est dire que les trois piliers qui vont sous-tendre notre recherche sont les composantes d’une seule et même démarche. Seulement, nous savons par expérience, au vu de la quantité inchiffrable de tentatives d’élucidation du phénomène du mental, que l’observateur volontaire est toujours confiné par l’objectivation de sa démarche. Nous verrons d’ailleurs que cette objectivation n’est pas seulement fragmentaire parce que la perception de l’objet fait ombrage aux mécanismes sous-jacents, mais aussi parce que la perception en elle-même implique une altération à la fois de l’observateur et de l’objet observé. L’altération de l’observateur fait que le mécanisme mental qu’il veut découvrir n’est jamais dans son état originel. La synergie des trois piliers devrait réduire cet inconvénient au minimum. L’essence trinitaire de la méthodologie proposée est de permettre à l’observateur de faire une démarche proactive dans la compréhension résolutive de sa réalité physico-mentale, en donnant la possibilité d’évincer une confrontation continuelle avec les garde-fous que le mental lui-même a échafaudés.


Puisque la langue française ne fait pas de différence entre générique « genre humaine » et générique, traduit de l’anglais « gender » – la différence des sexes –,  nous ajoutons le mot anglais entre guillemets pour marquer la différence.

   Ludo Pinckers | V-24596 referencement |  PLAN DU SITE | IDENTIFICATION | Powered by Imust.be